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Ambivalence:
L’ambivalence est un aboutissant indirect de la centralité
de la valence. La valeur sémantique d’une grandeur en discours reposant
sur l’intersection d’une valence intensive et d’une valence extensive,
la valeur est pour ainsi mécaniquement bivalente. Cette bivalence étant
orientée en ascendance ou en décadence, la commutation decette
direction pose une ambivalence systémique et non seulement un jeu de langage
plaisant. Un exemple l’établit aisément : dans bien des micro-univers,
un ralentissement de la vitesse, loin d’être reçu comme déceptif,
est vécu comme un accroissement gratifiant propre à la lenteur. La musicologue
G. Brelet analyse en ces termes l’ambivalence du tempo en musique
: «La rapidité est aussi une facilité offerte à l’acte créateur du
musicien, car elle demande une moindre densité musicale et au surplus,
elle soutient de son élan l’élan de la forme, (…). La lenteur au contraire
non seulement exige une plus grande densité musicale, mais tend à entraver
le développement de la forme en l’immobilisant hors du temps.» (in
Le temps musical, tome 1, p. 391). L’ambivalence est pour ainsi
dire redoublée : le discours musical ajuste entre elles trois tensions
: tension propre au tempo, tension propre à la densité musicale, tension
propre au développement de la forme.
(voir
corrélation, valence,
intersection)
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Amenuisement: L’amenuisement est avec l’atténuation un des analysants
de la décadence tensive. Soit la série décadente simple de la tonicité
[1 -> 0] :
L’amenuisement
a pour marque l’intervalle [s3 + s4], c’est-à-dire
qu’il est constitué par lesous-contraire atone
[s3] et le sur-contraire atone [s4].
Du point de vue actantiel, l’intensité, après
adoption de la thèse de G. Deleuze, se dirige, si un contre-programme
efficace n’est pas mis en place, selon la modalité du prévenir, vers son
annulation. Du point de vue valenciel, l’amenuisement
pour autant qu’il succède à l’atténuation, ne comporte que des moins,
c’est-à-dire plus rien. L’amenuisement est le
corrélat ad quem de l’atténuation.
(voir
atonisation, atténuation,
tonalisation)
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Analyse: L’analyse occupe une place centrale dans la théorie hjelmslevienne.
Elle occupe la première place sur la liste des définitions. L’analyse
est indissociable de la notion, elle-même indéfinissable, de dépendance:
«Une dépendance qui remplit les conditions d’une analyse sera appelée
fonction.» (Prolégomènes, p.49) Alors que l’analyse
saussurienne vise une différence instauratrice,
le binarisme une opposition, l’analyse hjelmslevienne
fait choix de la dépendance, de la jonction. La dissociation est au service
de l’association. La théorie des fonctions est une théorie des types de
dépendances et se présente ouvertement comme une généralisation de la
notion de rection, qui est, selon Hjelmslev, la grande découverte
de la linguistique du dix-neuvième siècle et que ses contemporains selon
lui méconnaissent. Les grandeurs ne sont analysées que pour être composées
en réseaux “économiques”. Comme la «substance» est écartée et confiée
à des disciplines auxiliaires, les «membres» et les «parties»
que les fonctions projettent deviennent tout naturellement les définissantes
des grandeurs distinguées.
(voir
réseau, intersection,
définition)
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Ascendance: L’ascendance est avec la décadence un des termes du
paradigme de la direction tensive. Du point de vue analytique, l’ascendance
est le passage d’un état initial ne comportant que des moins à
un état final ne comportant possiblement que des plus. Du point
de vue syntaxique, les formes intermédiaires voient se succéder le moins
de moins et le plus de plus. L’ascendance est analysable en
deux vecteurs “discourus”: (i) le relèvement qui éloigne le “curseur”
de la nullité; (ii) le redoublement qui
conjoint à l’autre extrémité de l’axe sémantique. Dans notre univers de
discours, entre l’ascendance et la décadence la balance est loin d’être
égale et la rhétorique, conçue comme un art du discours et non comme un
répertoire de figures, est une investigation, souvent admirable, des voies
conduisant le lecteur vers le sublime, terme ultime de l’ascendance tensive
dans notre univers de discours.
(voir
décadence, direction)
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Atonisation: Ce terme, emprunté d’une
part à la terminologie de la prosodie et du rythme, d’autre part à l’œuvre
chaleureuse de G. Bachelard, désigne l’aboutissant atone de l’amenuisement.
L’atonisation forme couple avec la tonalisation.
Dans notre univers de discours, Freud avec la «pulsion de mort» a
osé, contre l’avis de ceux qui le suivaient, penser l’atonisation
comme un retour à l’état anorganique. L’atonisation
est relativement aisée à décrire, mais dans notre propre univers de discours
dirigé par la tonalisation, c’est-à-dire la
surenchère et l’amplification, peut-être impossible à comprendre: dans
le poème intitulé Le Goût du Néant, Baudelaire laisse entendre
que le choix de l’atonisation comme attracteur
est lié à la perte irréversible des compétences modales.
(voir
tonalisation)
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Atténuation: L’atténuation est un des analysants de l’amenuisement
de la décadence tensive. Soit la série décadente simple de direction [1
->0], l’atténuation de la tonicité par exemple associe
le sur-contraire tonique (s1) et
le sous-contraire tonique [s2]; l’atténuation
suppose l’“addition” d’un moins. L’atténuation est le corrélat ab quo
de l’amenuisement.
(voir
amenuisement, extensif)
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